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Date

17 février 2022

Auteur

Le Anh Nguyen

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Dans cette édition des Masterclasses de l’Excellence Managériale, nous avons eu l’immense plaisir d’accueillir Michel Poulaert, conférencier professionnel et fondateur de l’École des Conférenciers. Avec lui, nous avons exploré un sujet essentiel : comment changer de regard sur l’échec pour réussir et construire l’optimisme. Voici les enseignements clés de cette intervention lumineuse :

L’échec : une étape vers la réussite

Michel a commencé par une citation de Jack Welch : « Punir l’échec est le meilleur moyen que personne n’ose. » En France, quand on échoue, on est souvent mal vu, mal côté, parfois même étiqueté comme le « loser de service ». À un moment donné, on n’ose plus faire preuve d’audace, on n’ose plus lancer, on va se soigner dans les rangs.

Pourtant, l’échec est universel : chaque être humain échoue. Mais la façon dont les cultures appréhendent l’échec a un impact incroyable sur comment le reste de l’histoire va se passer. L’interprétation de l’échec est culturelle, et si c’est culturel, ça peut donc changer. Ce n’est pas inné d’avoir honte ou de ne pas oser échouer.

L’échec est une information

Pour Michel, l’échec est quelque chose qui ne fonctionne pas, et ensuite c’est une information. Face à cette information, c’est notre état d’esprit et notre attitude qui feront toute la différence. Si cette information est interprétée comme étant dramatique, ça le sera pour tout le monde. Si cette information est traitée comme étant une leçon qu’on a apprise, comme étant une histoire qui nous permet d’avancer plus vite, différemment, mieux, de faire de nouvelles rencontres, c’est la posture optimiste.

Un échec, c’est une information. Cette information, on n’y peut rien, c’est complètement humain. On est tous sujets à ce biais cognitif : notre cerveau va interpréter l’information comme nous le sentons, comme nous sommes culturellement instruits. Cette interprétation fera toute la différence.

Tirer les leçons de l’échec

La grosse erreur que beaucoup de gens font, c’est reproduire les mêmes actions dans le même ordre, de la même façon, pensant que c’est un signe de persévérance. Or, c’est complètement mathématique : si vous faites à chaque fois la même chose, vous aurez à chaque fois les mêmes résultats.

Comment tirer parti des échecs ? C’est de tirer les leçons de cet échec : qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Analyser, décrypter, et se dire : quels paramètres vais-je changer pour avoir un résultat différent ? C’est ça qui devient intéressant, et c’est ce qui s’appelle le début de la résilience, de la créativité, de l’audace et du succès.

Comme le disait Edison : « Je n’ai pas eu dix mille échecs dans la création des ampoules, j’ai réussi à faire dix mille ampoules qui ne marchaient pas. » C’est dix-neuf manières de ne pas créer une ampoule.

L’exemple de Harland Sanders (KFC)

Michel a raconté l’histoire extraordinaire de Harland Sanders, le fondateur de KFC. Né fin du 19e siècle dans une famille pauvre, orphelin très tôt, toute sa vie il accumule les déboires incroyables : il devient cheminot, étudie pour devenir avocat, se bat avec un client dans une plaidoirie et se fait éjecter du barreau, achète une compagnie de bateaux et fait faillite, achète une usine et fait faillite.

Arrivé à la retraite, il n’avait pas un sou. La seule chose qu’il avait encore, c’était une recette de poulet qu’il distribuait dans sa station-service au bord d’une nationale américaine. Il a frappé à mille et une portes, mille fois on lui a dit non. La mille et unième fois, dans l’État de l’Utah, c’est un homme qui croit en son projet et qui crée la chaîne KFC. C’est un exemple extraordinaire de résilience.

Les différences culturelles face à l’échec

Aux États-Unis, la culture de l’échec fait partie de leur ADN. Le premier amendement de leur constitution, c’est la liberté de croyance. Les colons qui ont immigré sur ce continent l’ont fait parce qu’ils avaient la liberté de croire et de construire. Tout était à construire, et de là cette culture est née : « tout est possible ».

Quand on dit aux États-Unis « quand tu te lances », on va te dire « take your chance » (prends ta chance). Ici, on va dire « bon courage ». C’est ça la différence dans l’expression.

En France, notre système éducatif nous apprend à avoir peur de l’échec. Quand tu fais une dictée, on va te dire que tu as fait huit fautes, et ces huit fautes te mettent en échec, alors qu’il y en a probablement 200 autres qui sont bien écrits. On va appuyer sur ce qui fait mal. Quand tu as un bulletin, même quand tu as fait un effort, on se souvient tous de cette note : « peut mieux faire ». Ce n’est jamais assez bon.

Transformer ses croyances limitantes

La bonne nouvelle, puisque c’est culturel, si on l’a appris, ça veut dire qu’on peut aussi le désapprendre et apprendre de nouveaux modèles de fonctionnement. L’optimisme se travaille, se cultive, se muscle. C’est quelque chose sur lequel on peut travailler, qui nous permet d’appréhender les échecs différemment.

La première chose à faire, c’est de transformer ses croyances limitantes ou paralysantes en une nouvelle version de comment j’ai appris l’échec. C’est se dire : ce que je viens de vivre là maintenant, ou ce qu’on vient de vivre ici ensemble dans notre entreprise, nous avons vécu un échec. C’est vrai, on a perdu des parts de marché. Mais ensuite, ce n’est pas de se flageller, c’est de se dire : quelles sont les leçons qu’on peut tirer ?

La question magique : quels sont les avantages ?

Il y a une question qui peut être vitale et qui peut changer la donne dans toutes les prises de décisions qui suivent un échec : « Quels sont les avantages et bénéfices que je tire de ce que je viens de vivre ? » C’est une volonté. On peut bien entendu très spontanément et intuitivement se dire « non mais c’est pas possible, on a tout perdu ». On peut râler, c’est très bien, mais quand on est optimiste, on a râlé, mais ça ne dure jamais longtemps.

Encourager l’esprit d’initiative

L’esprit d’initiative, ça ne se dit pas, ça se montre. On peut avoir de bonnes intentions et dire « ok les gars, prenez des initiatives », et ensuite réprimander l’initiative qui vient d’être prise. Il n’y a rien de pire que de réprimander une initiative qui vient d’être prise.

Si on encourage l’initiative, c’est d’encourager aussi l’échec, ou non, d’être un vrai mentor, un vrai accompagnateur de l’équipe en disant : « Ok bravo, vous avez tenté le truc. Maintenant, c’est exactement la démarche. Vous avez échoué, aucune personne n’y allait pour échouer, mais est-ce que c’est réellement un échec ? Qu’est-ce que vous avez appris ? Comment avons-nous avancé un petit peu ? »

La sérendipité : tomber sur quelque chose d’inattendu

La sérendipité, c’est un néologisme anglo-saxon qui est francisé. La sérendipité, c’est prouver ou tomber sur quelque chose qu’on ne s’attendait pas alors qu’on travaillait sur autre chose. Prenons l’exemple du Viagra : avant d’inventer le Viagra, les chercheurs ne planchaient pas sur le Viagra, ils planchaient sur l’angine de poitrine. Quand ils ont testé ce médicament sur des volontaires, ils se sont rendus compte que les effets secondaires se trouvaient plutôt un mètre plus bas.

Ils auraient pu se dire « mince, ça ne soigne pas l’angine de poitrine » et se lamenter indéfiniment. Mais ils se sont dit : « Ah ben on ne travaillait pas là-dessus, on a trouvé autre chose, et ce n’est pas plus mal. » C’est ainsi qu’est née la fameuse pilule bleue. C’est ça la sérendipité.

Mettre les échecs dans leur contexte

Quand on est directeur commercial et qu’on a un manager qui ne fait pas ses chiffres, ce n’est pas forcément qu’il a pris un risque. C’est juste que les chiffres ne sont pas là. La première chose à faire, c’est de mettre les échecs dans leur contexte. Beaucoup de dirigeants font preuve de cécité cognitive : ils sont complètement aveugles aux vraies raisons pour lesquelles le collaborateur vient présenter son échec.

Dans quel contexte, par rapport à quoi cet échec est-il défini comme étant un échec ? Par rapport à un objectif ? Par rapport à ce qui a été fait l’année dernière ou le mois dernier ? Par rapport à la conjoncture ? Il se peut très bien aussi que la personne concernée ait eu un mauvais mois personnel, peut-être qu’elle n’avait pas le moral, peut-être qu’elle a des problèmes personnels.

La confiance est au centre de la gestion des échecs

La confiance est au centre de la gestion des échecs. Comment ensemble on se fait confiance ? Comment ensemble je construis cette confiance ? C’est avec cette confiance que la culture des échecs peut évoluer. Quand on est réaliste, vraiment réaliste, et qu’on veut bien écouter nos collaborateurs, c’est peut-être un mauvais aloi, il y a peut-être une conjoncture, il y a peut-être un contact qui est raté, mais il y a peut-être d’autres raisons.

Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? Quelle est la façon, comment moi je peux contribuer pour t’aider à atteindre cet objectif ? Parfois on oublie : un dirigeant, c’est aussi un mentor. Si tu attends de ton collaborateur qu’il atteigne cet objectif, es-tu toi-même en état de l’atteindre ? Si oui, que peux-tu conseiller à ce collaborateur pour créer ensemble une connivence, une collaboration qui va doper la confiance, doper l’engagement ?

En résumé…

Voici les enseignements majeurs à retenir de cette Masterclasse avec Michel Poulaert :

  • L’échec est une information : c’est notre interprétation qui fait toute la différence
  • Tirer les leçons : quels paramètres vais-je changer pour avoir un résultat différent ?
  • Transformer ses croyances limitantes : l’optimisme se travaille, se cultive, se muscle
  • La question magique : quels sont les avantages et bénéfices que je tire de ce que je viens de vivre ?
  • Encourager l’initiative : ça ne se dit pas, ça se montre
  • La confiance est au centre : comment ensemble on se fait confiance pour gérer les échecs

Comme le dit la magnifique citation mexicaine que Michel a partagée : « Ils ont essayé de nous enterrer, mais ne savaient pas que nous étions des graines. »

Ne manquez pas la prochaine Masterclasse !

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Date

17 février 2022

Auteur

Le Anh Nguyen

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