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Date
29 septembre 2022
Auteur
Le Anh Nguyen
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Dans cette édition des Masterclasses de l’Excellence Managériale, nous avons eu l’honneur d’accueillir Bertrand Périer, avocat au Conseil d’État et grand maître de l’éloquence française. Avec lui, nous avons exploré l’art de la prise de parole en public, découvrant pourquoi la parole est un sport de combat. Un moment où Bertrand nous a entraînés dans son univers, révélant comment une simple prise de parole peut se transformer en scène vivante, pleine d’énergie, de tension et d’émotion.
L’improvisation : fille de la préparation
Bertrand a démarré en démystifiant une idée reçue : l’improvisation n’est pas l’absence de préparation, mais son aboutissement. Comme le disait Churchill, « mes meilleures improvisations sont celles que j’ai le mieux préparées ». La vraie complexité n’est pas de lire un texte, mais de s’être suffisamment pénétré d’un sujet pour pouvoir lui donner une forme libre sur le moment.
Cette approche révolutionne la préparation des interventions : il faut se nourrir du sujet, l’absorber complètement, puis accepter de lâcher prise au moment de parler. La parole doit être une rencontre de l’instant, faite de surprises et d’interactions que le papier ne permet pas.
Combattre les tics de langage : une bataille de chaque instant
Nous avons tous des tics de langage, et Bertrand nous livre sa méthode pour les éliminer : s’enregistrer et s’écouter. Le problème du fameux « du coup » réside dans son usage abusif comme béquille pour éviter les silences. Quand il y a un lien causal (« il pleut, du coup j’ai pris un parapluie »), c’est acceptable. Mais « du coup, tu vas bien ? » n’a aucun sens logique.
La solution ? Développer une vigilance constante, comme voir un radar à l’avance sur la route. Anticiper le tic qui arrive et le remplacer par un silence assumé plutôt que par une béquille verbale.
Structure : la carte routière de votre discours
Bertrand insiste sur l’importance cruciale de la structure : « C’est comme aller de Paris à Marseille sans carte routière, vous risquez de passer par Strasbourg ». Il existe plusieurs types de structures selon l’objectif :
Chronologique : hier, aujourd’hui, demain
Thématique : arguments économiques, sociétaux, écologiques
Analytique : raconter, analyser, argumenter (qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qu’on en tire, que faire maintenant)
L’anecdote d’Edgar Faure est révélatrice : toute sa carrière politique avec trois mots – « succès, progrès, espoir » – applicable à n’importe quelle inauguration !
L’art du pitch : seule l’histoire compte
Pour captiver dans un pitch, Bertrand révèle le secret : passer par la narration. Seule une histoire incarnée permet d’attirer l’attention. Vous pouvez avoir mille chiffres et mille business plans, sans histoire qui incarne le produit, vous n’y arriverez pas.
C’est la seule chose que l’on retient d’un discours : l’histoire qu’on nous a racontée. Les chiffres sont tous les mêmes, les business plans aussi. Ce qui fait la différence, c’est l’histoire de la naissance du produit, de son utilisation, de son impact.
Communication de crise : vérité et action
En situation de crise, Bertrand préconise deux principes fondamentaux :
Ne dire que ce que l’on sait et ne pas mentir : on n’est pas obligé de tout dire, mais ce qu’on dit doit être vrai. Un seul mensonge empoisonne tout le puits de la communication.
Communiquer sur l’action, pas seulement sur le constat : dire ce qu’on a fait (compassion s’il y a des victimes) et surtout ce qu’on va faire (enquête, négociation, mesures correctives).
En résumé…
Voici les trois enseignements majeurs à retenir de cette Masterclasse avec Bertrand Périer :
Préparer pour mieux improviser : Se pénétrer complètement du sujet pour pouvoir s’en libérer au moment de parler et créer une véritable rencontre avec l’auditoire.
Structurer comme une carte routière : Avoir un plan clair du point de départ au point d’arrivée, en choisissant la structure adaptée à l’objectif (chronologique, thématique, analytique).
Raconter des histoires incarnées : Dans un pitch comme dans tout discours, seule l’histoire marque les esprits et crée la différenciation.
Ne manquez pas la prochaine Masterclasse !