Tags

Leadership, Négociation, Soft skills, Stratégie

Catégories

Articles Masterclasses, Tous nos articles en français

Date

6 novembre 2025

Auteur

Le Anh Nguyen

Sommaire
Partager
Pièges de Négo : comment les éviter et remporter toutes vos négociations - Frédéric Bonneton

Lors de notre Masterclasse de l’Excellence Managériale, nous avons eu l’honneur d’accueillir Frédéric Bonneton, coauteur avec Christophe Caupenne (ancien commandant du RAID) de Pièges de Négo. Spécialiste de la négociation et de la négociation émotionnelle, il nous a livré des clés pour éviter les erreurs invisibles et remporter des négociations en toute situation. Voici les points clés de cette intervention.

Erreurs, fautes et pièges : trois niveaux de risque

Frédéric a distingué trois blocs :

  • les erreurs (manque de préparation, bêtises évitables si on se prépare) ;
  • les fautes (comportements inadaptés répétés, par manque de formation à la négociation) ; 
  • les pièges — soit tendus par l’autre (psychologiques, protocole), soit que l’on se tend à soi-même (processus psychologiques qui font dérailler).

Exemple : rester une demi-heure dans une salle surchauffée sans eau face à un acheteur ; les études montrent qu’une part importante des commerciaux n’osent plus ouvrir avec le prix prévu.

Le modèle des 3 P : Problème 10 %, Processus 40 %, Personnes 50 %

L’impact sur la réussite d’une négociation se répartit ainsi : les personnes et les interactions, 50 % ; la méthode (rôles, stratégie, processus), 40 % ; le contenu (le sujet de la négo), 10 %. Or la plupart des gens préparent surtout le contenu. « Tu prépares 90 % de ton temps sur ce qui a 10 % d’impact » — d’où l’importance de préparer stratégie et interactions (psychologie, biais, cadrage). Quand la relation se dégrade (marché tendu, nouvel interlocuteur), on perd les 50 % relationnels ; sans formation méthodologique, on perd aussi les 40 %, et il ne reste que les 10 % sur lesquels on va lâcher.

Émotions : moteur de la décision et levier d’influence

Les décisions sont prises à un niveau inconscient puis post-rationalisées. L’émotion pousse à la décision ; la rationalité peut la bloquer. Le savoir-faire d’influence consiste à contourner l’esprit critique pour impacter l’émotion. En négociation, il faut contrôler ses propres émotions et impacter celles de l’autre pour le mettre en mouvement.

Le biais des bonnes relations : vouloir être aimé, protéger la relation au détriment du résultat est l’un des pièges les plus fréquents. On passe du besoin d’acceptation sociale à une forme de soumission, et on négocie mal.

Préparation : objectifs, équipe, cadrage

Se tromper d’objectif est un piège majeur : augmenter le prix de 50 % n’est pas la même chose qu’arrêter de perdre de l’argent avec un client — le second cadrage ouvre bien plus de solutions. Pendant la négo, on peut perdre de vue son objectif (vengeance, punition, préserver la relation) ; d’où l’importance des fiches objectifs et du rôle du drafter (celui qui note et recentre le processus).

La constitution de l’équipe doit privilégier les gens capables de travailler ensemble (savoir-être) autant que les compétences techniques.

Préparer aussi le cadrage (identité, métaprogrammes) : aller dans le cadre de l’autre pour être entendu avant d’avancer vers ses résultats.

Conduite : confrontation vs conflit, accord paradoxal, rétex

La confrontation est au cœur d’une bonne négociation et mène au consensus (création de valeur commune) ; le conflit mène au compromis (frustration des deux côtés). En cas de désaccord, l’accord paradoxal — « nous sommes d’accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord » — permet de continuer la relation et de reprendre rendez-vous.

Négociations parallèles (un président qui court-circuite le négociateur) : il faut négocier son mandat en amont et clarifier qui a le mandat jusqu’au bout. Après la négo, le retour d’expérience est indispensable — même en cas de succès — pour comprendre pourquoi ça a marché, capitaliser et préserver l’équipe. Tout documenter (cahier des concessions) permet de ne pas oublier ce qu’on a déjà lâché en fin de négociation.

En résumé…

  • Le modèle de 3P : préparer stratégie (40 %) et interactions (50 %), pas seulement le contenu (10 %).
  • Émotions : moteur de la décision ; contrôler les siennes, impacter celles de l’autre ; se méfier du biais « bonnes relations ».
  • Objectifs et équipe : bien cadrer l’objectif ; équipe qui travaille ensemble ; drafter et fiches objectifs.
  • Confrontation, mandat, rétex : viser le consensus ; négocier son mandat ; faire un rétex et documenter les concessions.

Ne manquez pas la prochaine Masterclasse !

Tags

Leadership, Négociation, Soft skills, Stratégie

Date

6 novembre 2025

Auteur

Le Anh Nguyen

Sommaire
Partager