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Date
12 mai 2022
Auteur
Le Anh Nguyen
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Lors de notre Masterclasse de l’Excellence Managériale, nous avons eu l’honneur d’accueillir Hugo Bentz, serial entrepreneur qui a dirigé 12 entreprises à 34 ans et créé des sociétés générant chacune plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires, le tout sans avoir terminé son école de commerce. Co-fondateur de Kymono, la start-up qui révolutionne le vestiaire et la culture d’entreprise, Hugo a partagé son expertise sur un sujet essentiel : comment systématiser le succès en entrepreneuriat. Voici les points clés de cette intervention inspirante.
Un parcours né d’un échec
L’un des premiers enseignements partagés par Hugo est que son parcours entrepreneurial est né d’un échec. Il rate sa première année d’école de commerce, trop occupé à sortir et pas assez à étudier. Face au refus de son banquier de prolonger son prêt, il doit trouver une alternative : financer ses études via une entreprise en alternance.
La rencontre avec un mentor : Christophe Charle
C’est là qu’intervient un tournant décisif. Hugo rejoint une petite entreprise de cinq salariés, rachetée peu après par Christophe Charle, co-fondateur de Cdiscount. Du jour au lendemain, il se retrouve au contact d’un serial entrepreneur. Son objectif devient clair : se rendre indispensable et proposer de créer un projet entrepreneurial au sein même du groupe.
School Touch : la première aventure
Cette première aventure s’appelle School Touch, une entreprise de textile personnalisé à destination des étudiants. La première année génère 150 000 euros de chiffre d’affaires. La deuxième année, avec une équipe d’une dizaine de personnes âgées de 22 à 23 ans, l’entreprise dépasse le million d’euros. Hugo découvre alors sa passion pour le textile et l’entrepreneuriat.
Le rôle du mentor : focus sur le chiffre d’affaires
Le rôle de Christophe Charle est simple et radical : seul le chiffre d’affaires compte. Combien de clients ? Quelle capacité de production ? Plus les ventes augmentent, plus les ressources suivent. Il transmet aussi un principe clé : le mieux est l’ennemi du bien. Il vaut mieux agir imparfaitement que ne jamais lancer. Le moteur principal reste le commerce, les ventes et les parts de marché.
La systématisation du succès : dupliquer les compétences
Hugo explique que son modèle entrepreneurial repose sur la duplication. Il lance plusieurs verticales autour d’un même métier, sans avoir à réapprendre les fondamentaux. Les outils, fournisseurs, fonctions support et méthodes restent identiques ; seul le marché change. L’idée est testée rapidement, sans attendre un site parfait ou un investissement lourd.
Kymono : de l’opportunité à la réussite
Kymono naît d’un échange entre Olivier Hamel, futur associé d’Hugo, et Alice Zagury de The Family. Olivier raconte avoir créé un sweat de promo au lycée. Alice lui explique que The Family reçoit quotidiennement des demandes de textiles et d’objets personnalisés. L’opportunité est évidente. Décision en décembre, lancement le 1er mars.
Le concept de Kymono : culture designer
Dès le départ, la vision est claire : Kymono ne sera pas un simple acteur du textile, mais un acteur global de la culture d’entreprise. Le textile n’est qu’une première brique. Suivent des offres d’accessoires, d’office design, d’événementiel, puis de conseil en culture d’entreprise. Ils se définissent comme des culture designers, une appellation déposée à l’INPI.
Le recrutement : quand il y a un doute, il n’y a pas de doute
Hugo partage un principe clé en recrutement : quand il y a un doute, il n’y a pas de doute. Jamais de recrutement par défaut, même en situation d’urgence. Un mauvais recrutement coûte plus cher qu’un recrutement retardé. Leur processus est rigoureux : entretien téléphonique, entretien en visio ou en présentiel, entretien avec un membre externe à l’équipe concernée, et références systématiques.
L’outil préféré : Google Sheets
Son outil favori reste Google Sheets. Avant tout CRM, Hugo structure son approche commerciale avec des tableaux simples : entreprise, email, téléphone, LinkedIn, et plusieurs niveaux de relance. Pendant un à deux ans, ce système suffit pour attaquer efficacement un marché.
L’erreur de la Piscine : se focaliser sur la marge
Hugo revient sur son plus grand échec : La Piscine, une usine lancée en 2015 avec de lourds coûts fixes. Il se concentre trop sur la croissance et le chiffre d’affaires, avec des marges insuffisantes. Malgré un chiffre d’affaires de 3,7 millions d’euros, l’endettement devient insoutenable. La société finit par fermer, entraînant licenciements et dettes encore en cours de remboursement.
Le conseil clé : se focaliser sur la rentabilité
Son principal enseignement aujourd’hui : se focaliser sur la marge et la rentabilité. Hugo ne raisonne plus en chiffre d’affaires mais en marge générée, suivie chaque semaine avec ses associés.
Le leadership : laisser la place à l’associé
Hugo adopte une posture volontairement en retrait sur le leadership managérial. Il s’associe avec des profils complémentaires, capables de piloter les équipes au quotidien. Lui se positionne comme starter, laissant la lumière à ceux qui excellent dans la gestion et le management.
De concurrent à associé : une leçon de management
L’un de ses meilleurs souvenirs de management concerne Kermesse. Face à un jeune concurrent prometteur, Samuel, Hugo choisit l’ouverture plutôt que l’affrontement. Il lui propose de s’associer. Aujourd’hui, Samuel dirige seul Kermesse, une entreprise de plus de deux millions d’euros de chiffre d’affaires et une équipe de dix personnes.
En résumé
Cette Masterclasse avec Hugo Bentz livre des enseignements forts :
- Passer à l’action sans attendre la perfection
- Ne jamais recruter par défaut
- Prioriser la marge plutôt que le chiffre d’affaires
- S’entourer de profils complémentaires
- Multiplier les rencontres pour saisir les vraies opportunités
Ne manquez pas la prochaine Masterclasse !