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Date

3 mars 2022

Auteur

Le Anh Nguyen

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Dans cette édition des Masterclasses de l’Excellence Managériale, nous avons eu l’immense plaisir d’accueillir Jean-Pierre Doly, ancien directeur général de Danone en Espagne et en Argentine, aujourd’hui directeur général de Doly Partners et maître de conférence à l’ESCP. Avec lui, nous avons exploré les liens passionnants entre le sport de haut niveau et le management. Voici les enseignements clés de cette intervention riche.

Le sport : une source de fraîcheur et de proximité

Jean-Pierre Doly accompagne depuis plusieurs années une équipe cycliste professionnelle, d’abord masculine puis féminine. Cette expérience lui apporte beaucoup : de la fraîcheur, de la proximité, ce que son ancien patron Franck Riboud appelait le « frottement ». Être au contact du terrain, vivre avec les coureurs dans les mêmes hôtels, gérer l’organisation au millimètre près pour les courses : tout cela permet de rester connecté à la réalité.

Cette immersion lui donne une compréhension fine des enjeux concrets, du fonctionnement des équipes sous stress et incertitude, et nourrit directement son travail de conseil et de formation en entreprise.

La Danone World Cup : créer de la cohésion par le sport

Lorsqu’il était en Argentine, Jean-Pierre Doly a créé avec José Faria la Danone World Cup, une compétition de football destinée aux salariés du groupe Danone dans le monde entier. L’impact a été spectaculaire : équipes mixtes, mélangeant ouvriers, agents, managers, usine et siège, tous réunis sur le terrain.

Le sport possède cette capacité unique de faire sauter les statuts. Une fois dans le vestiaire ou sur le terrain, les hiérarchies s’effacent. Cela crée une cohésion puissante et durable. Aujourd’hui, on parle davantage d’activité physique et sportive (APS) ou d’activité physique adaptée (APA) afin d’éviter les excès du sport purement compétitif.

Le retour sur investissement du sport en entreprise

Le sport en entreprise n’est plus une intuition : son retour sur investissement est désormais prouvé. Les études montrent une baisse significative de l’absentéisme et surtout une amélioration de la compétitivité et de la productivité, tant individuelle que collective.

Depuis 2019, une loi précise que proposer une activité physique aux salariés n’est pas considéré comme un avantage en nature, ce qui permet une réduction des charges sociales. Les entreprises peuvent ainsi développer des salles de sport, organiser des challenges (étape du Tour, marathon de Paris) ou promouvoir le sport santé. La loi dite du sport sur ordonnance permet même, dans certains cas, un remboursement par la sécurité sociale et les mutuelles.

Le frottement : rester connecté au terrain

Jean-Pierre Doly partage une anecdote marquante : chaque année, il organisait un débat entre Franck Riboud et Aimé Jacquet. Dans 90 % des cas, leurs réponses convergeaient, notamment sur un point clé : il faut rester sur le terrain.

Aimé Jacquet quittait régulièrement son bureau pour observer les jeunes à l’entraînement et assister aux matchs le week-end. Franck Riboud appliquait la même logique chez Danone : chaque déplacement était l’occasion d’un « store check » pour observer les produits, les prix, interroger les clients et les vendeurs. Ce contact direct, ce « frottement », est irremplaçable. Rien ne vaut le contact humain.

Manager un sportif de haut niveau : un défi français

En France, il est plus difficile qu’ailleurs de mener de front une carrière sportive et une carrière académique ou professionnelle. Pourtant, un sportif de haut niveau apporte énormément à une entreprise : rigueur, persévérance, gestion de l’échec, esprit d’équipe, capacité à gérer la pression et les crises.

En revanche, il peut mettre plus de temps à atteindre la même performance commerciale que ses collègues. C’est pourquoi la solidarité d’équipe est essentielle. À ce titre, la loi sur l’emploi des personnes en situation de handicap (6 % dans les entreprises de plus de 20 salariés) a montré des effets très positifs, notamment avec des sportifs handisport de haut niveau.

Ce que l’entreprise peut apporter au sport de haut niveau

Jean-Pierre Doly travaille aujourd’hui sur la question inverse : ce que l’entreprise peut apporter au sport de haut niveau. Attention toutefois : un club sportif ou une fédération n’est pas une entreprise classique, et une transposition brute conduit à l’échec.

Cependant, certains apports sont précieux : vision, raison d’être, stratégie, valeurs, organisation, systèmes d’évaluation, gestion des conflits et des crises, structuration des rôles et des responsabilités. Bien adaptés, ces outils peuvent professionnaliser durablement le sport de haut niveau.

Les cinq actions des grands managers qui réussissent

En comparant dirigeants d’entreprise, coachs sportifs, chefs d’orchestre et chefs étoilés, Jean-Pierre Doly identifie cinq actions communes :

  1. Un projet clair, porté par une vision, une raison d’être et des valeurs

  2. Le choix des femmes et des hommes, pas forcément les meilleurs individuellement, mais les plus complémentaires

  3. La primauté du collectif, où le groupe est plus fort que la somme des individus

  4. Le travail avant le talent, avec curiosité, ouverture et apprentissage permanent

  5. Le droit à l’erreur, indispensable à l’innovation et à la créativité

La règle des trois H : Humanisme, Humilité, Humour

Pour bien manager, Jean-Pierre Doly met en avant la règle des trois H : l’humanisme, l’humilité et l’humour. Antoine Riboud incarnait parfaitement cette philosophie. Son sens de l’humour, notamment lors de son passage à l’émission L’heure de vérité, a marqué durablement les esprits.

En résumé

Les enseignements clés de cette Masterclasse avec Jean-Pierre Doly :

  • Le sport crée de la cohésion et efface les statuts

  • Le retour sur investissement est prouvé, notamment sur l’absentéisme et la productivité

  • Rester sur le terrain est indispensable pour bien manager

  • Cinq actions structurent la réussite managériale : un projet clair, le choix des femmes et des hommes, la primauté du collectif, le travail avant le talent, et le droit à l’erreur.

Comme le dit la citation de San Antonio chère à Jean-Pierre Doly : On ne meurt pas riche de ce qu’on a fait, on me repose de ce qu’on n’a pas fait.

Ne manquez pas la prochaine Masterclasse !

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Leadership, Management, Motivation d'équipe, Performance

Date

3 mars 2022

Auteur

Le Anh Nguyen

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