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Leadership, Management, Stratégie

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Date

15 janvier 2026

Auteur

Le Anh Nguyen

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Lors de notre Masterclasse de l’Excellence Managériale, nous avons eu l’honneur d’accueillir Philippe Silberzahn, professeur et expert en stratégie et innovation, pour échanger sur tracer sa voie dans l’incertitude et les 8 règles pour garder le cap sans se trahir. Dans un monde volatile, les leaders doivent apprendre à avancer sans tout contrôler. Voici les points clés de cette intervention.

L’incertitude comme cadre de référence

Philippe Silberzahn a rappelé que l’incertitude n’est pas l’exception mais la norme. « Le monde change mais pas vos croyances, pas votre modèle » : le vrai danger, c’est de ne pas être capable de mettre à jour ses croyances.

Les stratégies figées et les plans à long terme ont montré leurs limites ; ce qui distingue les organisations et les leaders performants, c’est la capacité à s’adapter tout en gardant une direction claire.

L’incertitude, c’est le propre de l’inédit — face à quelque chose de nouveau, il y a nécessairement une part de créativité dans la réponse. Les 8 règles qu’il propose visent à concilier alignement avec soi-même et agilité face aux imprévus.

Éviter le double : ne pas se trahir en se protégeant

Face à l’incertitude, un réflexe courant est de se protéger en s’appuyant sur des « feux extérieurs » — des modes managériales ou des évidences du moment. On construit alors un double : une représentation pour l’extérieur qui n’est pas nous.

Philippe Silberzahn a illustré ce piège avec la raison d’être : beaucoup d’entreprises tombent dans une logique de justification — « voyez, on a une entreprise, mais on n’est pas méchants » — en niant leur propre valeur pour se défendre. « Cette logique est totalement suicidaire ».

La clé est de partir de qui on est — chaque organisation, chaque dirigeant doit décider en conscience de son ancrage, sans prétendre que tout le monde doit faire comme soi. L’exemple de Coinbase montre qu’il est parfois nécessaire de tracer des limites pour garder l’efficacité et l’alignement.

Viser sans s’épuiser à atteindre

Une idée centrale revient : viser un but n’est pas la même chose que vouloir atteindre coûte que coûte. Imposer une date ou un résultat hors de contrôle génère du stress et des comportements contre-productifs.

Les meilleures issues arrivent souvent quand on s’y attend le moins — à condition de mettre tout en œuvre puis de lâcher prise. Pour les managers, cela implique de définir un cap, d’embarquer les équipes, puis d’accepter que le chemin puisse bifurquer.

« Si le futur ne peut être prédit, il peut être créé. Par qui ? Par nous » — c’est un message positif : en incertitude, on essaie, plutôt que d’essayer de tout prédire.

Créativité face à l’inédit : la leçon de la crise de Cuba

Philippe Silberzahn a rappelé l’épisode d’octobre 1962 : les Américains découvrent que les Russes ont installé des missiles à Cuba. Pris entre options inacceptables, Kennedy a organisé l’émergence d’une troisième solution : le blocus.

Une technique clé : s’absenter des réunions pour laisser émerger des idées originales. En management, il ne s’agit pas seulement de choisir entre des options existantes, mais de créer une option originale — tracer une voie qui n’existait pas auparavant.

Reprendre le contrôle de son narratif

Le contrôle dont parle Philippe Silberzahn n’est pas le contrôle processus-KPI, mais une forme plus humaine : reprendre le contrôle de son narratif.

Exemple : madame Tao en Chine, vend des bols de riz malgré des conditions difficiles. Ce petit geste lui donne un degré de contrôle sur sa vie. L’art en stratégie consiste à identifier et développer des degrés de contrôle, plutôt que de tout subir.

Les 8 règles pour garder le cap sans se trahir

  1. Clarifier son pourquoi — Lien entre projet de vie et projet professionnel.
  2. Définir ses lignes rouges — Non-négociables, ce qu’on ne fera pas.
  3. Définir ses lignes vertes — Zones de liberté pour expérimenter et s’adapter.
  4. Rester aligné avec ses valeurs tout en révisant ses tactiques — Les valeurs restent le cap, les moyens peuvent évoluer.
  5. S’entourer des bonnes personnes — Des gens qui challengent et soutiennent.
  6. Documenter ses choix et concessions — Garder la mémoire des engagements.
  7. Examiner et mettre à jour ses modèles — Tester et rendre visibles ses croyances ; les indicateurs seuls ne suffisent pas.
  8. Éviter le double et se recréer soi-même — Ne pas construire une image pour l’extérieur qui n’est pas soi ; « se créer soi-même » (Nietzsche).

Tension créative et joie

L’organisation est le lieu de tensions (centralisation/décentralisation, protection/progrès, performance/robustesse). Une tension bien gérée est une source d’énergie.

La joie, selon Spinoza, « accroît notre puissance d’agir ». Être dans le vrai et tracer son propre chemin procure influence et satisfaction.

En résumé…

  • Incertitude : cadre normal ; performance = clarté de direction + adaptabilité ; mettre à jour ses croyances.
  • Éviter le double : décisions ancrées dans qui on est, pas dans l’image externe.
  • Viser vs atteindre : tout mettre en œuvre, puis lâcher prise ; créer le futur.
  • Créativité : créer des options originales face à l’inédit.
  • Contrôle : reprendre son narratif et identifier des leviers d’influence.
  • Tension et joie : gérer les tensions comme source d’énergie ; la joie vient de l’action alignée avec la réalité.

Ne manquez pas la prochaine Masterclasse !

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Date

15 janvier 2026

Auteur

Le Anh Nguyen

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